07.02.2010

Une "installation" de Boltanski

Chaque année, le Ministère de la Communication et de la Culture invite un artiste de renommée internationale à investir la Nef du Grand Palais à Paris, un site exceptionnel de plus de 15 000 mètres carrés avec une verrière récemment rénovée de plus de 30 mètres de hauteur. Cet évènement porte le nom de Monumenta. C'est à Christian Boltanski que cet espace a été confié cette année.

Heureusement que nous avions choisi une visite guidée car je crois que sans les explications du médiateur culturel... le message m'aurait en grande partie échappé !

Le visiteur est accueilli par un immense mur constitué de boîtes de conserves rouillées portant chacune un numéro aléatoire.

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L'intention de l'auteur est sans doute de montrer des « boîtes à mémoire », ces boîtes de biscuits que chacun garde pour ranger, photos, timbres ou petits objets personnels. Intitulée « personnes » (au pluriel), cette installation évoque la vie et la mort de chacun et de tous à la fois. Au sol, 69 carrés sont recouverts de manteaux usagés ouverts...

 

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  • pourquoi "manteaux ouverts" ? par ce que c'est la pièce vestimentaire qui rappelle le mieux la silhouette humaine,

  • pourquoi "usagés" ? car ainsi il porte la trace d'un individu précis,

  • pourquoi "69" ? c'est le rythme cardiaque moyen par minute du battement d'un coeur.

Chaque carré est entre quatre poteaux métalliques, porteurs de petits haut-parleurs diffusant chacun les battements d'un vrai coeur humain.

Dans ce volume incroyable, Boltanski crée une installation pour cette partie, totalement à plat, chaque carré de vêtements étant surmonté d'un tube néon blanc « écrasant » encore plus le peu de relief. Les perspectives ainsi tracées invitent le spectateur a pénétrer dans l'oeuvre et non simplement à la regarder.

Pour accentuer la climat d'oppression ressenti par le visiteur, une série de baffles diffusent une musique angoissante composée d'un mixage d'une centaine de battements de coeur humain. Ce climat angoissant est voulu par l'auteur pour aider le visiteur  à retrouver ensuite la vie avec une impression de soulagement.

 

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Au-delà de ces carrés et comme en contre-point de la nef elle-même, un immense tas de vêtements de 12 mètres de hauteur. Au-dessus, guidée par une grue, une énorme pince métallique vient, au hasard, attraper des vêtements, les soulève et les relâche de façon aléatoire. Il faut y voir une symbolique de la vie et de la mort, la main de Dieu ou celle du destin selon ses croyances. « A partir d'un certain âge, dit Boltanski, on a le sentiment de traverser en permanence un champ de mines ; on voit les autres mourir autour de soi, alors que sans raisons, on reste, jusqu'au moment où on sautera à son tour ».

 

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Oeuvre éphémère, tout sera détruit et recyclé à l'issue de l'exposition.

Parallèlement à cette installation, Boltanski poursuit sa constitution des archives du coeur. Chaque visiteur est invité à enregistrer les battements de son propre coeur. Les enregistrements seront conservés dans une sonothèque volontairement située dans une île éloignée de tout, Teshima dans la Mer intérieure du Japon... les battements de coeur de Renata et de Jean-Claude sont gravés dans cette sonothèque... vous pouvez aller le vérifier !

Boltanski aurait voulu comme oeuvre appeler en prononçant leur nom, tous les habitants de la planète. Oeuvre impossible à réaliser... même en prononçant un nom par seconde... prenez vos calculettes (divisez par 3600, puis par 24, puis par 365...et vous n'en reviendrez pas du résultat !

 

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Commentaires

J'ai bien aimé le lieu, mais si vous y allez mettez des chaussures à semelles épaisses car il fait très froid dans cette salle monumentale ! La montagne de fripes happées par la grue (le destin qui peut nous emporter n'importe quand) ça m'a particulièrement touchée et en plus le bruit des coeurs humains qui passent en boucle... impressionant ! Et les vêtements posés par terre, cela m'a fait penser aux juifs massacrés par milliers...
Cela valait la peine d'avoir froid mais à condition d'avoir un guide ! Merci à eux car ils se gèlent eux aussi !
renata

Écrit par : Renata | 18.02.2010

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J'ai bien aimé le lieu, mais si vous y allez mettez des chaussures à semelles épaisses car il fait très froid dans cette salle monumentale ! La montagne de fripes happées par la grue (le destin qui peut nous emporter n'importe quand) ça m'a particulièrement touchée et en plus le bruit des coeurs humains qui passent en boucle... impressionant ! Et les vêtements posés par terre, cela m'a fait penser aux juifs massacrés par milliers...
Cela valait la peine d'avoir froid mais à condition d'avoir un guide ! Merci à eux car ils se gèlent eux aussi !
renata

Écrit par : Renata | 18.02.2010

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Donner un peu de vie à ce lieu en surprenant les visiteurs. C'était le but avoué. Et à priori cela à fonctionné car il y a eu un peu de buzz sur la Nef du Grand Palais à Paris.

Écrit par : Un magicien | 11.08.2011

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